
Vous allez confier la vente de votre bien à un inconnu. Et cet inconnu va encaisser entre 10 000 et 25 000 euros pour son travail. Franchement, ça mérite de poser les bonnes questions avant de signer quoi que ce soit. Le problème ? La plupart des vendeurs se focalisent sur un seul critère : l’estimation. Or c’est précisément ce qui vous expose à choisir l’agence la moins fiable — celle qui gonfle le prix pour décrocher votre mandat.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas les conseils d’un professionnel du droit immobilier. Les pratiques et honoraires peuvent varier selon les agences et les régions.
L’essentiel pour évaluer une agence en 60 secondes
- Demandez le taux de transformation (mandats signés vs ventes conclues) — un bon agent vend plus qu’il n’estime
- Vérifiez la carte professionnelle CCI et la garantie financière de 110 000 €
- Exigez un comparatif de ventes récentes dans votre quartier, pas juste une estimation
- Posez la question du compte-rendu de visite : fréquence et format
- Clarifiez les conditions de résiliation avant de signer le mandat
Ce que vous allez découvrir
Pourquoi la plupart des vendeurs posent les mauvaises questions
Dans les entretiens que j’observe, les vendeurs commencent presque toujours par la même question : « À combien estimez-vous mon bien ? » C’est humain. Mais c’est aussi le meilleur moyen de tomber dans le piège classique : l’agence qui annonce le prix le plus haut n’est pas la plus compétente, c’est celle qui veut décrocher votre signature.
Selon une étude 2025 de l’Observatoire Interkab, le délai moyen de vente s’établit à 100 jours en France. Mais ce chiffre cache une réalité que les agences n’affichent pas : la marge de négociation moyenne atteint -5,1 % entre le prix affiché et le prix de vente final. En clair, si l’agence vous promet 350 000 €, vous vendrez probablement autour de 332 000 €.
3 idées reçues qui vous font choisir la mauvaise agence
Idée reçue n°1 : « L’agence qui estime le plus haut est la plus optimiste »
Réalité : Une estimation gonflée sert à décrocher le mandat. Après 3 mois sans visite, l’agence vous demandera de baisser le prix. Vous aurez perdu du temps et de la crédibilité sur le marché.
Idée reçue n°2 : « Toutes les agences ont les mêmes honoraires »
Réalité : Les honoraires sont libres depuis 1987. Les derniers chiffres de Galian indiquent une moyenne de 4,87 % du prix de vente, mais ça va de 3 % à plus de 7 % selon les régions et le type de bien.
Idée reçue n°3 : « Un mandat simple, c’est moins engageant »
Réalité : Le mandat simple peut contenir des clauses pénales illicites. La DGCCRF a relevé ce problème lors de ses contrôles. Moins engageant sur le papier, mais parfois plus piégeux dans les détails.
L’erreur la plus fréquente que je constate ? Ne pas demander le taux de transformation. C’est le ratio entre les estimations réalisées et les ventes conclues. Une agence qui estime 50 biens par an mais n’en vend que 8 a un problème — soit ses prix sont irréalistes, soit son accompagnement laisse à désirer.

Les 8 questions qui révèlent la fiabilité d’une agence
Je recommande toujours de rencontrer au moins 3 agences avant de décider. Non pas pour comparer les estimations (piège classique), mais pour évaluer la qualité des réponses à ces questions. Voici ce que vous devez demander — et surtout, ce qu’une bonne réponse ressemble.
Sur ses résultats et méthodes
Question 1 : « Combien de biens avez-vous vendus dans ce quartier ces 12 derniers mois ? »
Réponse rassurante : un chiffre précis avec exemples (« Trois appartements rue Mermoz, un pavillon avenue Foch »). Réponse qui alerte : des généralités floues (« On connaît bien le secteur », « Plusieurs »). Un bon agent a des références concrètes, pas des impressions.
Question 2 : « Quelle est votre méthode d’estimation ? »
Réponse rassurante : l’agent vous montre des comparables — des ventes récentes de biens similaires avec prix au m² et dates. Réponse qui alerte : « C’est mon expérience », « Je sens le marché ». Sans données, c’est du doigt mouillé.
Question 3 : « Quel est votre taux de transformation estimation/vente ? »
Réponse rassurante : un ratio clair, même imparfait (« Sur 30 mandats l’an dernier, 22 ventes conclues »). Réponse qui alerte : « Je ne calcule pas ça », « Ça dépend ». Si l’agent ne mesure pas sa performance, comment pourrait-il l’améliorer ?
Sur les conditions du mandat
C’est là que les choses se corsent. Selon le Service-Public, le mandat exclusif comporte une clause d’irrévocabilité de 3 mois. Passé ce délai, vous pouvez résilier avec un préavis de 15 jours par lettre recommandée. Mais dans la vraie vie, certaines agences compliquent les choses.
Question 4 : « Quelle est la durée du mandat et comment puis-je résilier ? »
Réponse rassurante : l’agent vous explique clairement la période irrévocable, le préavis, et vous montre la clause dans le contrat. Réponse qui alerte : « C’est standard, ne vous inquiétez pas », « On verra ça au moment de signer ». Si l’agent élude la question, c’est qu’il y a un loup.
Pour bien comprendre les implications, renseignez-vous sur les différents types de mandat immobilier avant votre rendez-vous. La différence entre mandat simple et exclusif change tout sur votre liberté d’action.
Question 5 : « Les honoraires sont-ils négociables ? »
Réponse rassurante : « Oui, discutons-en selon votre situation ». Réponse qui alerte : « Non, c’est notre grille, point final ». Les honoraires sont libres — une agence rigide sur ce point le sera aussi sur le reste.
Quelles questions prioriser selon votre situation ?
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Vous êtes pressé (mutation, séparation, succession) :
Focalisez sur les questions 1 et 3 (résultats terrain et taux de transformation). Demandez aussi le délai moyen de vente de l’agence sur des biens comparables. Un agent qui vend vite a un réseau d’acquéreurs actif.
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Vous vendez pour la première fois :
Priorisez les questions 4 et 6 (conditions de résiliation et communication). Vous avez besoin d’un agent pédagogue qui vous explique chaque étape, pas d’un commercial qui disparaît après la signature.
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Vous êtes investisseur ou multi-propriétaire :
Concentrez-vous sur les questions 2 et 5 (méthode d’estimation et négociation honoraires). Vous connaissez le marché — testez la rigueur analytique de l’agent et sa flexibilité commerciale.
Sur le suivi et la communication
Question 6 : « Comment allez-vous me tenir informé des visites ? »
Réponse rassurante : « Compte-rendu écrit après chaque visite, point téléphonique hebdomadaire ». Réponse qui alerte : « Je vous appelle quand il y a du nouveau ». L’absence de process systématique annonce des semaines de silence radio.
Question 7 : « Qui sera mon interlocuteur au quotidien ? »
Réponse rassurante : un nom précis, une personne identifiée. Réponse qui alerte : « Toute l’équipe s’occupe de votre dossier ». Traduction : personne n’est vraiment responsable, et vous passerez votre temps à répéter votre situation.
Question 8 : « Pouvez-vous me montrer votre carte professionnelle ? »
Cette question surprend souvent, mais elle est légitime. Conformément aux directives de la CCI Paris Île-de-France, tout agent immobilier doit détenir une carte professionnelle et justifier d’une garantie financière minimale de 110 000 € par activité. Une agence sérieuse vous la montre sans hésiter.
Votre grille d’entretien avec l’agence
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Demander le nombre de ventes conclues dans le quartier (12 derniers mois)
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Exiger un comparatif de ventes récentes (pas juste une estimation verbale)
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Vérifier la carte professionnelle et la garantie financière
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Clarifier la durée du mandat et les conditions de résiliation
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Définir la fréquence et le format des comptes-rendus de visite
RealAdvisor : comparer les agences avant le premier rendez-vous
Le problème avec les entretiens en agence, c’est qu’ils prennent du temps. Entre la prise de rendez-vous, la visite d’estimation et la discussion commerciale, comptez facilement 2 heures par agence. Multipliez par 3 ou 4 agences, et votre week-end y passe. C’est là qu’un outil de pré-qualification devient utile.
RealAdvisor permet d’identifier les agences actives dans votre secteur avant de les contacter. L’idée est simple : plutôt que de choisir au hasard dans les Pages Jaunes ou de vous fier au bouche-à-oreille, vous accédez à une vue comparative des professionnels intervenant sur votre zone géographique.
Concrètement, RealAdvisor agrège des informations sur les agences immobilières — leur présence locale, les avis clients disponibles, leur activité récente. Cela vous permet d’éliminer les agences manifestement inadaptées (trop loin, mauvaises évaluations, inactives) avant même de décrocher le téléphone. Le gain de temps est réel : vous concentrez vos rendez-vous sur 2 ou 3 agences présélectionnées au lieu de perdre des heures avec des agents qui ne correspondent pas à votre besoin.
RealAdvisor ne remplace pas l’entretien en face à face — rien ne remplace la qualité du contact humain pour évaluer un agent. Mais l’outil vous évite les rendez-vous inutiles et vous donne des points de comparaison objectifs avant la première rencontre.
Les signaux d’alerte à ne jamais ignorer

Au-delà des questions, observez les comportements. J’ai accompagné Sophie, une cliente de Villeurbanne qui cherchait une agence pour vendre son T3 quartier Gratte-Ciel. Elle a contacté trois agences. La première a refusé net de donner ses statistiques de vente. L’agent s’est braqué : « C’est confidentiel, on ne communique pas ces chiffres. » En soi, ce n’est pas illégal — mais c’est un signal.
Ces phrases qui doivent vous alerter
- « Signez maintenant, j’ai un acheteur qui attend » — Technique de pression classique. Un acheteur sérieux peut attendre 48 heures.
- « Le mandat exclusif est obligatoire pour bien vendre » — C’est faux. Le mandat simple existe et peut convenir selon votre situation.
- « Ne vous inquiétez pas pour les détails, c’est standard » — Quand quelqu’un vous dit de ne pas vous inquiéter des détails d’un contrat, inquiétez-vous.
- « On s’occupe de tout, faites-nous confiance » — Confiance, certes, mais transparence d’abord. Demandez des preuves.
Je me souviens d’un cas à Lyon, un couple de retraités qui vendait leur maison familiale. Ils avaient reçu trois estimations avec 80 000 € d’écart. Aucune des agences n’avait expliqué sa méthode. Ils ont finalement choisi celle qui leur a fourni un comparatif documenté de ventes récentes — la seule qui s’appuyait sur des faits plutôt que sur des impressions.
Cas concret : comment un refus de transparence a révélé le bon choix
Sophie, ma cliente de Villeurbanne, a posé la question du taux de transformation aux trois agences. Deux ont répondu clairement (respectivement 65 % et 72 %). La troisième a refusé et s’est montrée défensive. Sophie a écarté cette dernière et signé avec celle qui affichait 72 %. La vente a pris plus de temps que prévu (5 mois au lieu de 3), mais le prix final correspondait à l’estimation. L’agence la plus honnête n’était pas la plus rapide — mais c’était la bonne.
Autre signal d’alerte : l’agent qui ne pose pas de questions sur votre situation. Pourquoi vendez-vous ? Quel est votre délai ? Avez-vous un projet d’achat en parallèle ? Un bon agent cherche à comprendre votre contexte. Un mauvais agent déroule son pitch commercial sans s’adapter.
Vos questions sur le choix d’une agence immobilière
Peut-on négocier les honoraires d’une agence immobilière ?
Oui, les honoraires sont libres depuis 1987. La moyenne nationale tourne autour de 4,87 % selon les données Galian, mais les écarts vont de 3 % à plus de 7 %. Vous pouvez négocier, surtout si le bien est cher (les honoraires en montant absolu deviennent importants) ou si vous apportez plusieurs mandats. Une agence qui refuse toute discussion sur ce point risque d’être rigide sur d’autres aspects.
Quelle est la durée d’engagement d’un mandat exclusif ?
Le mandat exclusif comporte une clause d’irrévocabilité de 3 mois minimum. Pendant cette période, vous ne pouvez pas résilier ni confier la vente à une autre agence. Passé ce délai, vous pouvez mettre fin au contrat avec un préavis de 15 jours par lettre recommandée. Vérifiez bien que le mandat ne prévoit pas de reconduction tacite — c’est interdit pour les mandats exclusifs, mais certaines agences tentent encore.
Comment vérifier qu’un agent immobilier est habilité ?
Demandez à voir la carte professionnelle délivrée par la CCI. Elle doit mentionner les activités autorisées (transaction, gestion, syndic). L’agent doit aussi justifier d’une garantie financière d’au moins 110 000 € (ramenée à 30 000 € les deux premières années d’activité). Une agence sérieuse vous montre ces documents sans hésitation.
Que faire si l’agence ne donne aucune nouvelle ?
Commencez par un rappel écrit (email ou courrier) demandant un point sur l’avancement. Si le silence persiste après 15 jours, envoyez une mise en demeure par recommandé exigeant un compte-rendu détaillé des actions menées. Si vous êtes hors période d’irrévocabilité, vous pouvez résilier avec préavis de 15 jours. Le manque de communication est un motif légitime de perte de confiance.
Mandat simple ou exclusif : lequel choisir ?
Ça dépend du contexte. Le mandat exclusif engage l’agence à investir plus (photos pro, publicité, relances) parce qu’elle est sûre de toucher la commission. Le mandat simple vous laisse libre de vendre par vous-même ou via d’autres agences, mais peut diluer les efforts. Si vous avez identifié une agence de confiance avec de bons résultats locaux, l’exclusivité peut accélérer la vente. Si vous doutez, commencez par un mandat simple le temps de tester.
Mon conseil avant de vous lancer
Rencontrez trois agences. Pas pour comparer les estimations — c’est un piège — mais pour comparer la qualité des réponses. L’agent qui vous montre des données, qui accepte de parler de ses résultats, qui explique clairement le mandat sans vous presser, c’est celui-là qu’il faut retenir. Même s’il n’annonce pas le prix le plus flatteur.
Les 3 réflexes qui changent tout
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Exigez des preuves chiffrées : comparables de vente, taux de transformation, délai moyen. Pas d’impressions.
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Lisez le mandat avant de signer : clause d’irrévocabilité, préavis de résiliation, reconduction tacite (interdite en exclusif).
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Faites confiance à votre instinct sur le relationnel : un agent qui vous écoute mal au premier rendez-vous ne s’améliorera pas après.
Précisions sur les engagements contractuels
- Les honoraires mentionnés sont des moyennes constatées en 2025 et varient selon les régions et le type de bien
- Chaque mandat de vente est un contrat personnalisé dont les clauses doivent être vérifiées avant signature
- Les délais de vente sont indicatifs et dépendent du marché local
Pour toute question sur les clauses de votre mandat, consultez un notaire ou un avocat spécialisé en droit immobilier.